19 janvier 2007

societatis:les Français sont de moins en moins catholiques

jeudi 11 janvier 2007
 
Les Français sont de moins en moins catholiques
 
LE MONDE | 09.01.07 | 16h59
 
Il n'y aurait plus qu'un Français sur deux (51 %) à se déclarer "catholique", alors que les Français "sans religion" représentent désormais jusqu'à un tiers,
ou presque (31 %), de la population. Tel est le résultat principal du sondage de l'institut CSA - auprès d'un échantillon de 2 012 personnes - que publie,
dans un large dossier sur les catholiques, Le Monde des religions de janvier.
 
Le sentiment d'appartenance à la religion catholique subit donc un net fléchissement. En 1994, le même institut avait posé, aussi pour Le Monde, la question
dans les mêmes termes qu'aujourd'hui ("Quelle est votre religion, si vous en avez une ?") : les catholiques déclarés étaient alors 67 %, les "sans religion",
23 %.
 
Cette chute de seize points des premiers, entre 1994 et aujourd'hui, s'explique donc par l'introduction d'une nouvelle définition proposée dans l'enquête,
les "chrétiens sans précision" (4 %), et surtout par la hausse de huit points des "sans religion". Quant aux musulmans, ils ont doublé (de 2 % à 4 %),
les protestants (3 %) et les juifs (1 %) restant stables.
 
L'Eglise a pu longtemps se rassurer en invoquant - au delà de la baisse ancienne des pratiques et des croyances dans les dogmes - une résistance de l'identité
catholique. Mais cette observation est de moins en moins fondée. Le déclin du sentiment d'appartenance au catholicisme rejoint celui des pratiques et croyances.
 
Ainsi Le Monde des religions a-t-il interrogé 1 021 catholiques et les résultats sont aussi surprenants. Plus de la moitié ne vont jamais à la messe, sauf
exceptionnellement pour un mariage, un baptême, des funérailles ou pour une fête (31 %). Seuls 8 % restent fidèles à la messe du dimanche : ils étaient
37 % en 1948, 25 % en 1968, 13 % en 1988.
 
L'EXISTENCE DE DIEU
 
Ces chiffres donnent la mesure de l'effondrement, même si la pratique catholique ne se résume plus, depuis longtemps, à l'obligation de la messe dominicale.
Plus du quart des catholiques disent prier au moins une fois par semaine, soit une confirmation de la préférence pour des pratiques religieuses de type
individuel.
 
Les croyances s'effritent également. Seuls 52 % des catholiques jugent "certaine" ou "probable" l'existence de Dieu. Et c'est une minorité (18 %) qui croit
en un "Dieu personnel" - vérité fondamentale du christianisme - contre une grosse majorité (79 %) qui identifie Dieu à une notion plus vague de "force,
énergie ou esprit". 58 % croient à la résurrection du Christ et 38 % à la virginité de Marie. Seules résistent les croyances aux miracles (64 %), au diable
(33 %), à l'idée que la mort n'est pas "l'étape ultime" (74 %).
 
Un élément d'identité commune demeure très fort : l'appartenance à une Eglise dont les catholiques ont plutôt une bonne image (76 %). Benoît XVI obtient
71 % d'opinions favorables (contre 18 %). Les mêmes réclament pourtant ardemment le mariage des prêtres (81 %) et l'ordination de femmes-prêtres (79 %),
des réformes qui font figure d'épouvantail à Rome.
 
Henri Tincq